Felix Rico et Claire Valotteau au laboratoire Dynamique et nanoenvironnement des membranes biologiques (DyNaMo – amU/Inserm)
Publication dans la revue Nano Letters (American Chemical Society) Dans de nombreux laboratoires, le duo streptavidine–biotine sert de super-colle moléculaire pour accrocher et manipuler des biomolécules, tant sa liaison est solide. Pourtant, lorsqu’on mesure cette liaison avec des techniques qui tirent sur une seule paire de molécules (streptavidine-biotine) à la fois, les résultats pouvaient être très différents de ceux obtenus en solution. Dans cette étude, les chercheurs utilisent une technique de traction par ondes acoustiques (acoustic force spectroscopy) qui permet de tirer très lentement, avec une calibration fine de la force pendant l’expérience. Ils montrent ainsi qu’en tirant doucement dans des conditions plus proches du réel, la vitesse de décrochage redevient cohérente avec les mesures classiques, ce qu’ils confirment aussi par la résonance plasmonique de surface (SPR) sur le même système. En clair : ce n’est pas la colle qui change, c’est la vitesse et la méthode de mesure qui influençaient l’interprétation. Enfin, en croisant leurs données avec d’autres expériences et des simulations, ils suggèrent que la rupture ne suit pas un seul verrou, mais plusieurs étapes successives (plusieurs barrières) sur un spectre de vitesses de traction extrêmement large.
Voir l’article de recherche complet sur : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41359648